< Previous20 IDÉES FRAÎCHES | LA PUBLICATION OFFICIELLE DU CONSEIL CANADIEN DE L’HORTICULTURE | PRINTEMPS 2020 CropLife Canada is reaching out to consumers in part through www.realfarmlives.ca, a documentary-style web series offering Canadians a glimpse into the daily lives of real farm families, including the Keddys (Phil and Katie, and their children Charlie Jr. and Benjamin) who grow strawberries and sweet potatoes in Nova Scotia’s Annapolis Valley. / CropLife Canada sensibilise les consommateurs en partie par le biais de www.realfarmlives.ca, une série Web de type documentaire qui offre aux Canadiens un aperçu de la vie quotidienne de vraies familles agricoles, notamment les Keddy (Phil et Katie, et leurs enfants Charlie Jr. et Benjamin) qui cultivent des fraises et des patates douces dans la vallée de l’Annapolis, en Nouvelle-Écosse. L’industrie de la protection des cultures doit continuer à être proactive pour conserver la confiance du public et répondre aux questions ou aux préoccupations des consommateurs. Cela peut se faire grâce à une combinaison « tête et cœur » de science de qualité et de bonnes histoires qui sont communiquées efficacement, dit Nadine Sisk, vice-présidente des communications et des services aux membres de CropLife Canada. « En agriculture, nous avons les deux; nous avons les faits sur lesquels nous pouvons bâtir de bonnes histoires. » Les Canadiens font intuitivement confiance à la salubrité de leurs aliments et au système de réglementation, s’approvisionnant en fruits et légumes frais sans avoir à se préoccuper de la sécurité, dit Mme Sisk. Il est très important de conserver et de renforcer cette confiance envers une industrie dont le lien direct avec le public s’est effrité au fil des générations d’urbanisation. « Il est important que nous les aidions à combler l’écart entre leur expérience et celle des agriculteurs canadiens, » dit Mme Sisk. Les organisations bien financées qui cherchent à exacerber le manque de compréhension inhérent des consommateurs par la désinformation représentent un défi particulier pour l’industrie de la protection des cultures. « Il y a des groupes qui semblent investir beaucoup d’efforts pour tenter d’induire le public en erreur au sujet de l’agriculture canadienne. » Mme Sisk concède que leurs efforts peuvent être efficaces. The crop protection industry must continue to be proactive in maintaining public trust and responding to consumer questions or concerns. This can be done through an effectively communicated “head and heart” combination of quality science and good stories, says Nadine Sisk, vice-president of communications and member services for CropLife Canada. “In agriculture, we have both; we have the facts upon which we can build great stories.” Canadians intuitively trust the safety of their food and regulatory system, sourcing produce without having to give safety a lot of thought, says Sisk. Maintaining and building that trust is very important to an industry whose direct connection to the public has eroded over generations of urbanization. “It is important that we help them bridge the gap between their experience and the experience of Canadian farmers,” says Sisk. Well-funded organizations seeking to exacerbate consumers’ inherent lack of understanding through misinformation provide a specific challenge to the crop protection industry. “There are groups that seem to invest a significant amount of effort in trying to mislead the public about Canadian agriculture.” Their efforts can be effective, Sisk concedes. “Having said that, it is possible to counter these perceptions,” she says. Building Trust: Helping the Public Understand Crop Protection Renforcer la confiance : aider le public à comprendre la protection des cultures By Jeff TribePar Jeff TribeFRESH THINKING | THE OFFICIAL PUBLICATION OF THE CANADIAN HORTICULTURAL COUNCIL | SPRING 2020 21 « Cela dit, il est possible de contrer ces perceptions, » dit-elle. Mme Sisk travaille dans l’industrie de la protection des cultures depuis plus de dix ans, et elle est encouragée par la tendance croissante vers une meilleure pensée critique des consommateurs. Plus précisément, elle souligne la controverse actuelle au sujet du glyphosate, qui a incité Santé Canada à publier une « déclaration ferme » le 11 janvier 2019 en réponse aux objections vigoureuses à l’utilisation du glyphosate formulées par divers groupes internationaux à la suite d’une réévaluation effectuée en 2017. « Santé Canada a clairement indiqué qu’il avait examiné la recherche et qu’il n’avait aucun doute quant à son innocuité, » dit-elle. « Cela a permis de contrer les effets perturbateurs que ces groupes ont pu causer. » Mme Sisk a également cité l’impact décroissant de The Dirty Dozen, une liste compilée par un organisme américain qui avertit les gens d’éviter de manger 12 fruits et légumes à cause des résidus de pesticides. Le site Web du groupe offrait un calculateur de contrepoids basé sur le poids, le sexe et l’âge indiquant combien de portions d’un fruit ou d’un légume particulier une personne devrait manger pour qu’il y ait une préoccupation légitime en matière de sécurité; par exemple, plus de 338 Sisk has been involved with the crop protection industry for over a decade, and she is encouraged by a growing trend toward enhanced consumer critical thinking. Specifically, she pointed to the ongoing glyphosate controversy, which resulted in Health Canada releasing a “strong statement” on January 11, 2019 in response to vigorous objections to glyphosate’s use from various international groups following a 2017 re-evaluation. “Health Canada came out and was clear it had looked at the research and had no doubts about its safety,” she says. “That has gone a long way to counter the disruptive effects these groups have been able to cause.” Sisk also cited the diminishing impact of The Dirty Dozen, a list compiled by a U.S.-based organization that warns people to avoid eating 12 fruits and vegetables due to pesticide residues. The group’s website offered a counterbalancing weight- / gender- / age-based calculator indicating how many servings of a specific fruit or vegetable someone would have to eat in order for there to be a legitimate safety concern; for example, over 338 apples a day for a child, says Sisk, “which is just nonsense.” “Initially, Dirty Dozen ‘findings’ were all over the news as if they were gospel,” says Sisk, adding that media coverage has subsequently become increasingly balanced, to the point of refuting claims. “The fact of the matter,” she adds, “is consumers are learning there are two sides to a story.” Against the backdrop of a requirement for 70 per cent more food to meet a projected 2050 global population of nine billion, CropLife Canada’s website contains emotionally geared Canadian producer profiles, supported by facts, on the positive quality and yield effects of judiciously applied pesticides or GMOs. continued on page 22 suite à la page 22 Canadians intuitively trust the safety of their food and regulatory sys- tem, sourcing produce without having to give safety a lot of thought. Maintaining and build- ing that trust is very important...22 IDÉES FRAÎCHES | LA PUBLICATION OFFICIELLE DU CONSEIL CANADIEN DE L’HORTICULTURE | PRINTEMPS 2020 “These are tools farmers need to sustainably grow food,” explains Sisk, who says she has seen greater improvements on public sentiment around GMOs than pesticides, although she points out neither made the top-five list of consumer food concerns in the latest Canadian Centre for Food Integrity public trust research, a compilation headed by rising costs and affordability, respectively. Additionally, polling commissioned by CropLife Canada indicates that while 30 per cent of Canadians “strongly support” pesticide use and 25 have no strong opinion, 60 per cent are highly likely to support its use following an explanation of the hows and whys. “It’s about giving people information, and when they have information, they are much more inclined to say, ‘Oh, I’m okay with that.’” The challenge faced by CropLife Canada and the rest of the agriculture industry moving forward, says Sisk, will be reaching as many Canadians as possible with its factual head and hearts combination. “I think we are headed in the right direction—we just need to keep going.” pommes par jour pour un enfant, dit Mme Sisk, « ce qui est tout simplement absurde. » Au début, les « conclusions » du groupe Dirty Dozen étaient partout dans les nouvelles comme si elles étaient tirées de l’évangile, dit Mme Sisk, ajoutant que la couverture médiatique est devenue par la suite de plus en plus équilibrée, au point de réfuter les affirmations. Et elle ajoute « le fait est que les consommateurs apprennent qu’il y a toujours deux côtés à une histoire. » Dans un contexte où il faudra 70 pour cent plus d’aliments pour répondre aux besoins d’une population mondiale prévue de neuf milliards d’habitants en 2050, le site Web de CropLife Canada présente des profils de producteurs canadiens axés sur l’émotion, appuyés par des faits, sur les effets positifs que des pesticides ou des OGM judicieusement appliqués peuvent avoir sur la qualité et le rendement. « Ce sont des outils dont les agriculteurs ont besoin pour cultiver des aliments de façon durable, » explique Mme Sisk, qui affirme avoir constaté une amélioration plus marquée du sentiment du public à l’égard des OGM que des pesticides, même si elle souligne qu’aucun de ces deux produits ne figure parmi les cinq principales préoccupations des consommateurs en matière d’alimentation dans la dernière recherche sur la confiance du public du Centre canadien d’intégrité alimentaire, une compilation dans laquelle la hausse des coûts et l’abordabilité viennent en tête respectivement. De plus, un sondage commandé par CropLife Canada indique que même si 30 pour cent des Canadiens « appuient fortement » l’utilisation des pesticides et que 25 n’ont pas d’opinion arrêtée, 60 pour cent sont très susceptibles d’appuyer leur utilisation après une explication du pourquoi et du comment. « Il s’agit de donner de l’information aux gens, et lorsqu’ils ont de l’information, ils sont beaucoup plus enclins à dire : ‘Oh, ça me va’ ». Le défi auquel font face CropLife Canada et le reste de l’industrie agricole pour aller de l’avant, dit Mme Sisk, sera de rejoindre le plus grand nombre possible de Canadiens grâce à sa combinaison factuelle de la tête et du cœur. « Je pense que nous allons dans la bonne direction— nous devons juste continuer. » continued from page 21 suite de la page 21 Phil Keddy inspects sweet potatoes on the farm in Annapolis Valley. / Phil Keddy inspecte des patates douces à la ferme dans la vallée de l’Annapolis. Les Canadiens et les Canadiennes ont intuitivement confiance en la sa- lubrité de leurs aliments et en leur sys- tème de réglementation, s’approvision- nant en fruits et légumes frais sans avoir à se préoccuper beaucoup de la salu- brité. Il est très important de conserver et d’entretenir cette confiance...FRESH THINKING | THE OFFICIAL PUBLICATION OF THE CANADIAN HORTICULTURAL COUNCIL | SPRING 2020 23 L’innovation en sciences végétales est une grosse affaire au Canada. Selon un rapport récent, ces innovations génèrent plus de 111 000 emplois et 8,3 milliards de dollars de production agricole supplémentaire au pays chaque année. Pour le secteur canadien des fruits et légumes, une grande partie de cette innovation est stimulée par la Grappe agro-scientifique canadienne pour l’horticulture 3 (Grappe 3), qui réunit l’expertise du milieu universitaire, de l’industrie et du gouvernement. Cette Grappe est gérée par le Conseil canadien de l’horticulture (CCH) et financée par l’industrie et Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC). Trois projets de recherche actuels de la Grappe qui ont reçu l’appui à travers CCH pourraient avoir une incidence importante sur les efforts de protection des cultures au Canada. Ces projets sont généreusement financé par l'entremise de la Grappe agro- scientifique canadienne pour l'horticulture 3, en collaboration avec le programme Agri- science d'Agriculture et Agroalimentaire Canada, une initiative du Partenariat canadien pour l'agriculture, du Conseil canadien de l'horticulture, et des intervenants de l'industrie. Apprendre encore plus sur ces projets ici. RAVAGEURS DES POMMES Une étude menée par des chercheurs de l’Est du Canada et de la Colombie-Britannique porte sur les pratiques de lutte durable contre les ravageurs des pommes dans tout le pays. L’étude a trois objectifs : 1. Comparer quatre pesticides disponibles sur le marché utilisés pour la lutte contre les mouches afin de déterminer leur efficacité; 2. Fournir aux producteurs un modèle qui pourrait prédire quand la cécidomyie du pommier sera présente dans leurs vergers; et 3. Évaluer l’efficacité des hôtes volatiles pour capturer les mâles et les femelles de diverses espèces de tordeuses. Les quatre pesticides disponibles dans le marché sont Exirel, Imidan, Assail et Calypso. L’Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire examine actuellement trois des quatre produits, et les chercheurs voulaient voir si la réduction du nombre d’applications pouvait réduire l’empreinte globale des produits. Les résultats préliminaires étaient peu prometteurs, selon Suzanne Blatt, chercheuse scientifique d’AAC spécialisée dans la lutte Plant science innovation is big business in Canada. According to one recent report, such innovations generate over 111,000 jobs and $8.3 billion in additional agricultural output in this country each year. For the Canadian fruit and vegetable sector, much of this innovation is driven by the Canadian AgriScience Cluster for Horticulture 3 (Cluster 3), which brings together expertise from academia, industry, and government. It’s managed by the Canadian Horticultural Council (CHC) and funded by industry and Agriculture & Agri-Food Canada (AAFC). Three current research projects from the Cluster that have received support through CHC could significantly impact crop protection efforts in Canada. These projects are generously funded through the Canadian Agri-Science Cluster for Horticulture 3, in cooperation with Agriculture and Agri-Food Canada’s AgriScience Program, a Canadian Agricultural Partnership initiative, the Canadian Horticultural Council, and industry contributors. Read more on these projects here. APPLE PESTS A study being led by researchers in eastern Canada and British Columbia is investigating sustainable control practices for apple pests across the country. The study has three objectives: 1. Compare four commercially available pesticides used for maggot control to determine their effectiveness; 2. Provide growers a model that could predict when apple leaf curling midge will be present in their orchards; and 3. Evaluate the efficacy of host volatiles to capture both males and females of various leafroller species. The four commercially available pesticides include Exirel, Imidan, Assail, and Calypso. The Pest Management Regulatory Agency is currently reviewing three of the four products, and researchers wanted to see if reducing the number of applications could reduce the overall footprint of the products. Preliminary results were less-than-promising, according to Suzanne Blatt, a research scientist with the AAFC who specializes in integrated pest management. They showed decreased use of the products to provide negligible benefit. The group’s research into a degree day (or temperature index) model to predict when midges might be present in an orchard holds considerably more promise. Blatt By Jim Timlick Researching the Future of Crop Protection Recherche sur l’avenir de la protection des cultures Par Jim Timlick continued on page 24suite à la page 24 Late blight on potato foliage. / Mildiou sur le feuillage de la pomme de terre.24 IDÉES FRAÎCHES | LA PUBLICATION OFFICIELLE DU CONSEIL CANADIEN DE L’HORTICULTURE | PRINTEMPS 2020 antiparasitaire intégrée. Ils ont démontré qu’une utilisation moindre des produits entraînait seulement un avantage négligeable. La recherche du groupe sur un modèle de degrés-jours (ou indice de température) pour prédire quand les moucherons pourraient être présents dans un verger est beaucoup plus prometteuse. Mme Blatt indique qu’un tel modèle pourrait fournir aux agriculteurs des renseignements précis sur les meilleurs moments pour appliquer des pesticides et tuer les moucherons avant et pendant la ponte. Il permettrait aussi de gagner beaucoup de temps, car les agriculteurs n’auraient pas à aller surveiller et compter manuellement les pièges. Ce modèle de degrés-jours élimine ce temps et permet aux agriculteurs de dire immédiatement: « Je sais que j’ai ce nombre d’unités thermiques et je sais que 50 à 75 pour cent de ma population sera exposée, alors c’est le moment d’agir, » explique-t-elle. Les hôtes volatiles sont des composés chimiques émis par un pommier et peuvent être attrayants pour la tordeuse des feuilles. Ils sont avantageux par rapport aux pièges à phéromones car ils peuvent potentiellement être utilisés pour capturer à la fois les mâles et les femelles: les phéromones n’attirent que les mâles. L’étude du groupe se penche sur deux composés particuliers et explore le fonctionnement de ces volatiles dans les différentes régions productrices de pommes du Canada, notamment le Québec, l’Ontario, la Nouvelle-Écosse et la Colombie-Britannique. RAVAGEURS DE TYPE DELIA Une équipe de chercheurs basée au Québec et en Colombie-Britannique tente de trouver des moyens pour optimiser la surveillance et la gestion des ravageurs de type Delia (mouches des racines) dans la famille des brassicacées, qui comprend le brocoli, le chou et le chou-fleur. Le projet comprend cinq sous-projets distincts qui permettront de comparer les espèces de Delia dans six provinces, d’étudier les caractéristiques de deux lignées génétiques très distinctes de la mouche des semences du maïs, de réduire au minimum l’utilisation de pesticides et d’optimiser les lâchers d’insectes stériles pour la mouche du chou. Jade Savage, professeure à la Faculté des sciences biologiques de l’Université Bishop, indique que la force motrice de ce projet est une autre enquête récente qui laisse entendre que certaines espèces généralistes de Delia pourraient être responsables de dommages aux cultures beaucoup plus importants qu’on ne le croyait à l’origine. Ce qui complique les choses, c’est la découverte récente selon laquelle la mouche commune du maïs de semence pourrait, en fait, être formée de deux espèces différentes. « Nous devons comprendre s’il s’agit vraiment de deux espèces différentes, pour savoir si ce que nous avons traité comme un seul problème est en fait deux says such a model could provide farmers with precise information on the best times to apply pesticides and kill midges before and as they are laying eggs. It would also save considerable time since farmers wouldn’t have to go out and manually monitor and count traps. “This degree day model removes that time and makes it a lot more immediate for growers to say, ‘I know I have this many heat units, and I know I’m going to have 50 to 75 per cent of my population out there, so it’s go-time,’” she explains. Host volatiles are chemical compounds given off by an apple tree and can be attractive to leaf roller moths. They are advantageous over pheromone traps as they could potentially be used to capture both males and females: pheromones only attract males. The group’s study is focusing on two particular compounds and exploring how those volatiles work in the different apple-producing regions of Canada, including Quebec, Ontario, Nova Scotia, and British Columbia. DELIA PESTS A team of researchers based in Quebec and British Columbia is looking into ways of optimizing Delia (root-maggot flies) pest monitoring and management in the brassica family of plants, which includes broccoli, cabbage, and cauliflower. The project is made up of five separate sub-projects that will compare Delia species in six provinces, investigate the characteristics of two very distinct genetic lines of seedcorn maggots, minimize the use of pesticides, and optimize sterile insect releases for the cabbage maggot. Maggots infest an apple. Photo credit: Suzanne Blatt. / Les asticots infestent une pomme. Photo : Suzanne Blatt. An adult male leafroller on an apple. Photo credit: Suzanne Blatt. / Une tordeuse mâle adulte sur une pomme. Photo : Suzanne Blatt. ...la recherche sur un modèle de degrés- jours (ou d’indice de température) pour prédire le moment où les moucherons pourraient être présents dans un verger est beaucoup plus prometteuse ... un tel modèle pourrait fournir aux agriculteurs des renseignements précis sur les meilleurs moments pour appliquer des pesticides et tuer les moucherons. continued from page 23 suite de la page 23FRESH THINKING | THE OFFICIAL PUBLICATION OF THE CANADIAN HORTICULTURAL COUNCIL | SPRING 2020 25 problèmes distincts. Une fois que nous connaîtrons les détails, il sera beaucoup plus facile de concevoir des méthodes de lutte adaptées aux espèces concernées, » explique Mme Savage. Une des options que l’équipe étudie pour combattre les mouches de type Delia est d’irradier leur forme immature en laboratoire, puis de relâcher des adultes stériles dans le champ. Une fois accouplée à un mâle stérile, une femelle sauvage ne pondra que des œufs stériles qui n’écloront jamais en mouches des racines affamées. Selon Mme Savage, le défi de ce projet est de trouver un moyen de rendre la technique plus rentable, car l’alimentation et l’irradiation des larves peuvent être assez coûteuses. Dans le cadre du projet sur les ravageurs de type Delia, l’équipe étudie également les composés présents dans le sol afin de déterminer pourquoi les mouches des racines sont attirées par certaines régions et pas par d’autres, même si la même culture peut être cultivée dans les deux régions. « Nous essayons de savoir à quoi elles réagissent (dans le sol), afin de pouvoir déterminer les composés qui activent ces mouches et ce qui les attire, » explique-t-elle. Jade Savage, a professor with the biological sciences faculty at Bishop’s University, says the driver for the project was another recent investigation suggesting some generalist species of Delia could be responsible for far more crop damage than was originally thought. Complicating matters is the recent discovery that the common seedcorn maggot may, in fact, be two different species. “We need to understand if they are truly two different species, to know if what we’ve been treating as one problem is actually two separate problems. Once we know the details, it will be a lot easier to design control methods adapted to the species involved,” says Savage. One of the options the team is looking at for combating Delia flies is irradiating their immature form in the lab and then releasing sterile adults into the field. Once it’s mated with a sterile male, a wild female will lay only sterile eggs that will never hatch into hungry root-maggots. The challenge with this project, according to Savage, is finding a way to make the technique more cost-effective since feeding and irradiating the larvae can be quite expensive. A team of researchers is looking into ways of optimizing Delia (root-maggot flies) pest monitoring and management in the brassica family of plants, which includes broccoli, cabbage, and cauliflower. / Une équipe de chercheurs cherche des moyens d’optimiser la surveillance et la gestion des ravageurs Delia (mouches des racines) dans la famille des brassicacées, qui comprend le brocoli, le chou et le chou-fleur. continued on page 26suite à la page 2626 IDÉES FRAÎCHES | LA PUBLICATION OFFICIELLE DU CONSEIL CANADIEN DE L’HORTICULTURE | PRINTEMPS 2020 LE MILDIOU La troisième étude porte sur le suivi de différentes souches de l’agent pathogène du mildiou de la pomme de terre et sur les caractéristiques de chacune. Il s’agit d’un effort de collaboration auquel participent des chercheurs de partout au pays, de provinces comme l’Île-du-Prince-Édouard, le Nouveau-Brunswick, le Manitoba et la Colombie- Britannique. L’objectif de cette étude de cinq ans est de déterminer les souches dominantes du mildiou dans diverses régions du pays, de déterminer les caractéristiques biologiques de chacune d’elles et d’améliorer la gestion de la maladie et le rendement économique pour les producteurs. Rick Peters, chercheur scientifique au Centre de recherche et de développement de Charlottetown d’AAC, indique que si le mildiou ne s’est pas avéré un problème important au Canada en 2019, il peut parfois dévaster les cultures certaines années, et que l’on s’inquiète de plus en plus de certaines nouvelles souches de l’agent pathogène qui peuvent le causer, comme l’U-23, et de l’agressivité que ces souches ont acquise. « Je compare parfois ce que nous faisons avec la souche de la grippe chaque année, où nous suivons ce qui existe et développons un vaccin qui couvre certaines d’entre elles, » explique M. Peters. « Si nous pouvons obtenir des informations sur les souches de mildiou qui existent une année donnée, nous pouvons alerter l’industrie et les producteurs pour qu’ils agissent, et ils peuvent alors prendre les précautions appropriées pour protéger leurs cultures. » Dans le cadre de l’étude, M. Peters et ses collègues recueillent des échantillons de cultures dans presque toutes les provinces et en cataloguent les caractéristiques. On espère que l’information permettra aux producteurs de mieux comprendre les produits qui sont les plus efficaces pour lutter contre la maladie. Le groupe étudie également l’impact que les changements climatiques pourraient avoir sur certaines souches de mildiou. « Il semble que l’U-23 pourrait avoir un léger avantage à des températures légèrement plus élevées que les souches plus anciennes, car il est capable de produire des spores et de mieux se reproduire à ces températures plus élevées, » dit-il. As part of the Delia project, the team also investigates compounds in the soil to determine why root-maggot flies are attracted to some areas and not others, even though the same crop might be grown in both areas. “We are trying to find out what they respond to (in the soil), so we can we figure out the compounds that turn these flies on and what attracts them,” she explains. LATE BLIGHT The third study focuses on tracking different strains of the late blight pathogen in potatoes and the characteristics of each. It’s a collaborative effort that includes researchers from across the country, from provinces including Prince Edward Island, New Brunswick, Manitoba and British Columbia. The objective of the five-year study is to determine the dominant strains of late blight in various parts of the country, determine the biological characteristics of each, and improve disease management and economic returns for growers. Rick Peters, a research scientist with AAFC’s Charlottetown Research and Development Centre, says while late blight wasn’t a significant problem in Canada in 2019, in some years it can devastate crops, and there is increasing concern about some newer strains of the pathogen that can cause it, like U-23, and how aggressive these strains have become. “I sometimes compare what we are doing with the flu strain each year, where we track what’s out there and develop a vaccine that covers some of those off,” explains Peter. “If we can get information on which strains of late blight are out there in a given year, we can alert the industry and the growers to act, and then they can take appropriate precautions to protect their crops.” As part of the study, Peters and his colleagues are collecting crop samples from virtually every province and cataloguing their characteristics. The hope is that the information will provide growers with a better understanding of the products that are most effective in fighting the disease. The group is also looking at the impact climate change could be having on some strains of late blight. “It looks like U-23 might have a bit of an advantage at slightly warmer temperatures than older strains, being able to produce spores and reproduce better at those warmer temperatures,” he says. Visit www.hortcouncil.ca to learn more about the CHC and its initiatives. Visitez www.hortcouncil.ca pour en savoir plus sur le CCH et ses initiatives. continued from page 25suite de la page 25 Late blight on a tomato. / Mildiou sur une tomate.Late blight on potato tuber. / Mildiou sur le tubercule de la pomme de terre.FRESH THINKING | THE OFFICIAL PUBLICATION OF THE CANADIAN HORTICULTURAL COUNCIL | SPRING 2020 27 En matière d’innovation, l’industrie horticole est prête à se tourner à la fois vers l’avenir et vers le passé pour trouver des solutions novatrices aux nouveaux défis, compte tenu du besoin croissant d’un avenir plus productif. « À mesure que la population augmente et que les maladies deviennent plus répandues et plus difficiles à contrôler, sans innovation, je ne pense pas que nous serons en mesure de produire suffisamment de nourriture pour les habitants de cette planète, » dit Ian Collinson, gestionnaire de projet chez Bee Vectoring Technology (BVT). M. Collinson utilise la technologie de vectorisation des abeilles pour cibler précisément les infections fongiques, en s’appuyant sur ce que Mère Nature a perfectionné en ajoutant la souche naturelle, bénéfique et commercialement reproductible de spores de champignons endophytes (CR-7) à la poudre porteuse Vectorite™. Celle-ci est transférée des plateaux dans les ruches commerciales aux fleurs des plantes ciblées par les abeilles ou les bourdons. Les spores CR-7 se colonisent sur les fleurs des plantes, empêchant l’entrée par le portail primaire de nombreuses maladies, dont la moisissure grise (Botrytis) sur les fraises, les framboises et les bleuets, la Monilinia sur les bleuets et les amandes, et la Sclérotiniose sur les tournesols et le canola. « On peut penser à la pénicilline; c’est un champignon bénéfique, » dit Collinson. Le BVT étudie également de nouveaux ingrédients actifs et ajoute des produits existants à la méthodologie d’administration. L’approche peut être comparée à une application intelligente ciblée avec précision par rapport à un bombardement de tapis, offrant des trajectoires de vol individualisées pour les fleurs multidirectionnelles par rapport à la rigidité d’un pulvérisateur, sans eau pour la distribution et avec beaucoup moins de produit par acre. « On parle de grammes plutôt que de gallons, » dit M. Collinson. When it comes to innovation, the horticultural industry is willing to look both forward and backward for novel solutions to new challenges, given the growing need for a more productive future. “As the population grows and diseases become more prevalent and harder to control, without innovation, I don’t think we’ll be able to produce enough food for the people on this planet,” says Ian Collinson, project manager at Bee Vectoring Technology (BVT). Collinson is employing bee vectoring technology to precisely target fungal infections, building off what Mother Nature perfected by adding the naturally occurring, beneficial, and commercially replicable strain of endophytic fungus spores (CR-7) to the carrier powder Vectorite™. This is transferred from trays in commercial bee hives to the blossoms of targeted plants by either honeybees or bumblebees. CR-7 spores colonize on plant blooms, preventing entry through the primary disease portal to numerous diseases, including grey mould (Botrytis) on strawberries, raspberries, and blueberries, mummy berry (Monilinia) on blueberries and almonds, and Sclerotinia on sunflowers and canola. “You can think of it in terms of penicillin; it’s a beneficial fungus,” says Collinson. BVT is also investigating new active ingredients and adding existing products to the delivery methodology. The approach can be likened to precisely targeted smart application versus carpet bombing, offering individualized flight paths to multi- directional blooms versus the rigidity of a sprayer, without water for delivery and far less product per acre. “It’s grams compared to gallons,” says Collinson. By Jeff TribePar Jeff Tribe Innovation in Crop Protection: From Bees to Robots Innovation en matière de protection des cultures : de l’abeille au robot continued on page 28suite à la page 28 By Jeff TribePar Jeff Tribe28 IDÉES FRAÎCHES | LA PUBLICATION OFFICIELLE DU CONSEIL CANADIEN DE L’HORTICULTURE | PRINTEMPS 2020 En théorie, les bourdons sont des travailleurs plus efficaces, logés dans des ruches de 150 à 250, tandis que les abeilles domestiques offrent une force en nombre, avec des ruches de 5 000 à 30 000. Les plateaux de treize grammes de CR-7 et de Vectorite™ combinés sont remplacés environ deux fois par semaine dans les ruches de bourdons et une semaine à une semaine et demie pour les abeilles domestiques. L’innocuité du procédé pour les abeilles a été prouvée par des années de recherche et d’études indépendantes. Le miel est un sous- produit des ruches d’abeilles, mais il n’est généralement pas recueilli, en raison de la qualité non optimale d’une monoculture, combinée à l’obligation pour les abeilles de se nourrir pendant la floraison du début de saison, croit M. Collinson. Le nombre de ruches nécessaires par acre est déterminé en fonction de facteurs comme la géographie, la culture, les conditions météorologiques, les jours de pollinisation, la disponibilité des abeilles et le prix. « Nous avons nos recommandations et nous les calculons avec les producteurs, » explique M. Collinson. La BVT est commercialisée comme un élément durable d’un plan de lutte intégrée contre les ravageurs plutôt que comme une solution miracle; par exemple, certains producteurs de fraises doivent encore procéder à des fumigations pour lutter contre les nématodes et instituer des mesures de lutte contre les Tetranychidae. Theoretically, bumblebees are more effective workers, housed in hives of between 150 and 250, while honeybees offer strength in numbers, with hives of 5,000 to 30,000. Thirteen-gram trays of combined CR-7 and Vectorite™ are replaced roughly twice per week in bumblebee hives and a week to a week-and-a-half for honeybees. The process has been proven safe for bees through years of research and independent studies. Honey is a by- product of honeybee hives but typically isn’t collected, due to the non-optimal quality from a monoculture, combined with the requirement for bees to feed during the early-season bloom, Collinson believes. Required hives per acre is individualized based on factors such as geography, crop, weather conditions, pollination days, and bee availability and pricing. “We have our recommendations and calculate that out with the growers,” says Collinson. BVT is marketed as a sustainable component of an integrated pest management plan rather than as a silver bullet; for example, some strawberry growers still have to fumigate for nematodes and institute spider mite controls. “But it’s a very innovative, effective technology that can do a lot of good in the agricultural world,” says Collinson. continued from page 27 suite de la page 27FRESH THINKING | THE OFFICIAL PUBLICATION OF THE CANADIAN HORTICULTURAL COUNCIL | SPRING 2020 29 « Mais c’est une technologie très novatrice et efficace qui peut faire beaucoup de bien dans le monde agricole, » dit M. Collinson. Contrairement à l’approche BVT de M. Collinson en matière de protection des cultures, Darren Ward, directeur de la recherche en planification et en commercialisation au Vineland Research and Innovation Centre, étudie l’expansion de la robotique en horticulture. L'innovation est un dénominateur commun entre la vectorisation des abeilles et la robotique, reliant ces technologies apparemment disparates. M. Ward croit que la robotique ne fait qu’effleurer la surface de ce qu’elle fera en fin de compte du point de vue de l’horticulture. « Comparativement à d’autres industries, l’agriculture est moins numérisée, » indique M. Ward. L’entrée de la robotique est favorisée par des facteurs comme la hausse de la population, la diminution de la disponibilité de la main-d’œuvre horticole et la nécessité de produire plus avec moins, tant sur le plan géographique que sur celui des intrants. « Les terres et les intrants ne sont certainement pas en train de devenir moins chers ou plus disponibles, » dit M. Ward. « La technologie peut nous aider à cet égard. » La robotique automobile effectue généralement des tâches répétitives planifiées avec précision dans des tolérances strictes. « Mère Nature n’est pas de ce genre, » dit M. Ward. Il connaît bien les petits véhicules autonomes dans les serres ou les champs qui sont capables de pulvériser avec précision les mauvaises herbes ou les parasites, d’ensemencer, d’arroser ou de surveiller et de contrôler le climat. M. Ward croit que l’industrie est prête à exploiter le potentiel de la robotique pour accomplir des tâches plus complexes. « C’est là que l’innovation commence vraiment à rattraper son retard. » La validation de principe existe depuis une dizaine d’années, bien que, dans la pratique, elle ait été trop lente et trop coûteuse. « Mais c’est ainsi que les choses commencent, » ajoute M. Ward. L’exemple de travail cité par M. Ward est une cueilleuse de champignons automatisée, qui utilise des capacités visuelles et des algorithmes informatiques pour choisir des champignons de taille et de maturité optimales pour la récolte, en combinaison avec la dextérité physique pour récolter sélectivement ceux identifiés par les données converties par IA. « C’est une période très excitante, » déclare M. Ward, dont les travaux de recherche et de développement ont été validés par la convergence croissante du rendement, de la disponibilité et de l’abordabilité. « C’est là que l’innovation commence vraiment à rattraper son retard maintenant. » Les utilisateurs potentiels ont tendance à être un groupe sceptique, réticent à être le premier à adopter l’innovation, étant donné l’exigence compréhensible de preuve de performance et de retour sur investissement. In contrast to Collinson’s BVT approach to crop protection, Darren Ward, Vineland Research and Innovation Centre’s research manager of business planning and commercialization, is studying robotics’ horticultural expansion. Innovation is a common denominator between bee vectoring and robotics, linking these apparently disparate technologies. Ward believes that robotics are only scratching the surface of what they will ultimately do from a horticultural perspective. “Compared to other industries, agriculture is less digitized,” says Ward. Robotics’ entry is being pushed by factors such as rising population, decreasing horticultural labour availability, and the necessity to produce more with less, in terms of both geography and inputs. “Land and inputs are certainly not getting cheaper or becoming more available,” says Ward. “Technology can help us with that.” Automotive robotics typically perform precisely scheduled repetitive tasks within strict tolerances. “Mother Nature is not that kind,” says Ward. He is familiar with small, autonomous vehicles in the greenhouse or field that are capable of precision weed or pest spraying, seeding, watering, or climate monitoring and control. Ward believes the industry is poised for robotic potential to accomplish more complex tasks. “That’s where the innovation is really starting to catch up now.” Proof of concept has existed for roughly a decade, though, practically speaking, it was too slow and expensive. “But that’s the way things start,” offers Ward. The working example Ward cites is an automated mushroom harvester, which uses visual capability and computer algorithms to choose mushrooms of optimal size and ripeness for harvest, combined with the physical dexterity to selectively harvest those identified by AI-converted data. “It’s a very exciting time,” says Ward of research and development validated through increasing convergence of performance, availability, and affordability. “That’s where the innovation is really starting to catch up now.” continued on page 30 suite à la page 30 Innovation is a common denominator between bee vectoring and robotics, linking these apparently disparate technologies. / l’Innovation est un dénominateur commun entre la vectorisation des abeilles et la robotique, reliant ces technologies apparemment disparates. Robotics has advanced to the point of digitally assessing mushrooms for optimal size and ripeness, com- bined with the physical dexterity to harvest individual specimens. / La robotique a progressé au point d’évaluer numériquement les champignons pour en déterminer la taille et la maturité optimales, en com- binaison avec la dextérité physique nécessaire pour récolter des spécimens individuels.Next >